#FOCUS – L’accompagnement individuel des lauréats

#FOCUS – L’accompagnement individuel des lauréats

Depuis le mois d’octobre 2018, les lauréats de la première édition de STRI-IT suivent un accompagnement au SDV, des formations collectives et aussi individuelles, adaptées et personnalisées aux projets des artistes, mis en lumière par ce dispositif. Florence Cabret, Directrice pédagogique adjointe et Romain de Cok, Coordinateur pédagogique au SDV nous expliquent la particularité de ce suivi individuel, un atout majeur du SDV.

Le dispositif STRI-IT accompagne les artistes émergents en musiques urbaines pendant un an. Quels types de formations suivent-ils ?
FC : Cela s’articule entre de la structuration professionnelle, des créative camps, deux jours de création artistique où les artistes écrivent et composent avec des contraintes établies, des rencontres professionnelles, des formations en stratégie Web, en présentiel ou en vidéo-conférences avec les équipes de YouTube, des sessions créateurs… Chaque lauréat bénéficie également d’un suivi individuel à hauteur de 30 heures. Que ce soit Romain ou moi-même, nous constituons des programmes sur-mesure, avec un choix précis d’intervenants. Par exemple, nous allons accompagner chaque lauréat avec des coachings scéniques pour préparer la date du 11 juin 2019, à la salle de concert parisienne Petit bain où nous présenterons nos 9 lauréats devant les professionnels du secteur, les médias et nos partenaires.

L’accompagnement individuel est un des points forts du SDV. Vous le définissez comme adapté et personnalisé au projet de l’artiste. De quoi s’agit-il ?
FC : Il s’agit d’accueillir l’artiste à un moment « T » de son déroulement de carrière, de son projet artistique et de faire un « arrêt sur images », de là où il en est, précisément.
RDC : Nous sommes à leurs côtés pour qu’ils puissent générer d’avantage de savoirs et de connaissances pour justement les mettre à profit dans ce qu’ils expriment et ont le plus besoin, que ce soit dans l’écriture, la composition, l’arrangement, la MAO, le chant…

Concrètement, comment cela se passe-t-il ?
RDC : Nous recevons l’artiste en rendez-vous individuel et faisons un point sur son projet, son parcours, ses objectifs… pour ensuite créer un programme de formation sur-mesure qui réponde à ses problématiques et ses objectifs artistiques et/ou professionnels.
FC : Il est vrai aussi que l’on a un rôle, Romain et moi-même, de force de propositions. Il y a des endroits, des zones que les artistes ou leur entourage professionnel ne perçoivent pas forcément, en termes de hiérarchisation et chronologie. Nous leurs proposons alors de travailler d’avantage sur certaines disciplines ou d’acquérir des compétences supplémentaires.

« Nous ne sommes pas juste référents ou coordinateurs de formation, nous sommes aussi soutien, écoute, conseil, force de proposition… notre accompagnement est personnalisé, évolutif et va au-delà du pur artistique. »

Vous allez au delà de la demande initiale de l’artiste ?
FC : C’est un échange, c’est de la co-construction. Effectivement, eux ont une idée de part leur propre parcours et expérience des endroits sur lesquels ils doivent progresser. Mais, nous avons également une expertise à faire-valoir dans ce que nous pouvons déceler comme potentialités à développer.

Que recherchent les artistes dans cet accompagnement ? Ont-ils des objectifs précis comme la préparation d’un concert ou d’un album ?
FC : Cela dépend vraiment des artistes que l’on accompagne. Avec Romain, nous nous sommes répartis les lauréats STRI-IT. Il a en charge JNGL, La Drasqua, Yaro, Essia et MLX,et pour ma part je m’occupe du suivi de Wit., Brö, Bounty et Roxaane.
Effectivement, au cas par cas, il y a eu cet entretien, ce diagnostic et des échanges entre ce que l’artiste percevait avoir comme besoins et ce que je pensais qu’il serait nécessaire d’aborder. Nous avons alors construit un programme ensemble dès le mois d’octobre, qui a pu être re-questionné pour certains en fonction de leurs actualités : signatures en label, en édition ou la participation à des auditions pour les Inouïs du Printemps de Bourges par exemple. Romane et Wit. ont notamment suivi des coachings vocaux et scéniques pour préparer ces auditions, à l’issue desquels Roxaane a été choisie dans la catégorie chanson en Picardie. Brö et Bounty se forment en technique vocale, en MAO et sur l’interprétation en scène, qui dans les semaines à venir sera un axe particulièrement travaillé par rapport à l’échéance de ce concert du 11 juin.

Romain, quel genre de demandes les artistes que tu suis formulent-ils pour leur accompagnement individuel ?
RDC : On observe deux dynamiques différentes que l’on retrouve sur les 5 projets dont je m’occupe : une vision à moyen et long terme avec la même volonté d’acquérir des compétences et de l’autonomie dans la production de leur musique, la composition, la réalisation, l’utilisation des outils audionumériques en général comme des stations de production équipées d’Ableton Live, de Logic… Et dans le même temps, ils souhaitent préciser, définir leur identité artistique tant dans leur répertoire que sur scène.

Trois des lauréats que tu accompagnes sont en région, comment organises-tu la formation pour eux ?
RDC : Cela demande un planning encore plus personnalisé, contrairement aux artistes parisiens avec qui nous pouvons avoir un rythme de formation régulier. Par exemple, le groupe JNGL de Lyon,a souhaité faire un travail autour de l’Aisance Corporelle avec Ghislaine Lenoir, coach scénique et praticienne méthode Feldenkrais© pour travailler les mouvements et la cohésion dans leur clip. Ghislaine s’est alors rendue sur place car il est plus simple pour nous de faire descendre une intervenante que de faire monter et loger les 5 membres du groupe ! Avec ces artistes, nous travaillons sur des temps plus courts mais plus concentrés, comme avec MLX par exemple qui a suivi deux jours de coaching scénique avec l’intervenant Benjamin Gorgeon à la Rock School Barbey à Bordeaux, que nous avions louée pour l’occasion.

Vous êtes référents pour les artistes pendant cette année d’accompagnement, quel lien établissez-vous avec eux ?
FC : Des liens de connivence se mettent en place au fur et à mesure du déroulé du dispositif. Certains sont dans une proximité plus importante par rapport à des questionnements, des échéances sur leur propre parcours. D’autres sont d’avantage structurés et accompagnés ; c’est plutôt leur environnement professionnel qui se charge de ces aspects.
Nous sommes là pour répondre aux attentes et aux besoins des artistes, tant sur des questions techniques et pratiques comme la gestion des plannings de cours par exemple que sur des questions stratégiques concernant leur carrière, des mises en relation avec des professionnels, des relectures de contrats…
RDC : Nous ne sommes pas juste référents ou coordinateurs de formation, nous sommes aussi soutien, écoute, conseil, force de proposition… notre accompagnement est personnalisé, évolutif et va au-delà du pur artistique.